La course à la présidence de la FECOFA entre dans une nouvelle phase. En officialisant sa candidature, Olivier Safari Kabene ne se contente pas d’entrer dans l’arène électorale : il incarne une option de rupture dans un football congolais en quête de stabilité, de crédibilité et de gouvernance durable.
Actuel président de la Commission des arbitres de la CAF, Safari est l’un des rares dirigeants congolais à évoluer au sommet des instances continentales. Une position qui confère à sa candidature une dimension à la fois technique, institutionnelle et symbolique.
Un profil atypique dans le paysage congolais
Contrairement aux profils traditionnels issus du monde politique ou des cercles dirigeants des clubs, Olivier Safari arrive avec un parcours singulier. Ancien arbitre international, il a progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir l’un des hommes clés de l’arbitrage africain.
Sa nomination à la tête de la Commission des arbitres de la CAF, en octobre 2025, a marqué un tournant : elle a consacré un Congolais à un poste stratégique rarement accessible aux cadres d’Afrique centrale. Pour ses partisans, cette expérience internationale est un atout majeur pour une FECOFA affaiblie par des années de crises internes, de normalisation prolongée et de gouvernance contestée.
Une ambition clairement assumée
Olivier Safari ne cache plus ses intentions. Il se présente comme un candidat porteur de méthode, de rigueur et de vision à long terme. Son discours repose sur trois axes majeurs :
- la restauration de la crédibilité institutionnelle de la FECOFA,
- la réforme de l’arbitrage et des compétitions nationales,
- la professionnalisation de l’administration du football congolais.
Son objectif affiché est de mettre fin à la période de transition permanente que traverse la FECOFA, en instaurant une gouvernance stable, alignée sur les standards de la CAF et de la FIFA.
Une candidature scrutée de près
Si sa candidature suscite de l’enthousiasme, elle n’échappe pas aux critiques. Certains acteurs du football congolais s’interrogent sur sa capacité à transposer au niveau national les réformes menées dans un cadre continental souvent plus structuré. D’autres estiment que sa proximité avec les instances africaines pourrait constituer à la fois une force… et une source de méfiance.
La récente polémique liée à ses déclarations sur l’arbitrage lors de la CAN 2025 rappelle que Safari est un homme de principes, parfois clivant, mais rarement dans la demi-mesure. Un trait de caractère qui pourrait séduire un électorat en quête d’autorité, tout comme inquiéter ceux qui privilégient le consensus.
Un enjeu majeur pour le football congolais
L’élection présidentielle de la FECOFA, prévue en avril 2026, s’annonce décisive. Au-delà des personnes, elle engage l’avenir du football congolais : retour à la stabilité institutionnelle, redynamisation de la Linafoot, développement des sélections nationales et crédibilité internationale retrouvée.
Dans ce contexte, la candidature d’Olivier Safari Kabene apparaît comme celle d’un technicien devenu stratège, prêt à passer du sifflet aux leviers du pouvoir administratif.
Une chose est sûre : avec Safari dans la course, l’élection ne sera ni routinière ni consensuelle. Elle sera politique, technique… et déterminante.